Dossier
17 décembre 2025
Bien se chauffer au bois, c’est possible !
Partons d’un constat malheureusement alarmant : en période hivernale, jusqu’à 80% des émissions de particules fines PM2,5 sont issues de la combustion du bois pour le chauffage des foyers français. Cette pollution est responsable d’environ 40 000 décès prématurés en France.
Moyenne annuelle d’exposition aux particules fines PM 2,5 dans l’air ambiant en AURA en 2024
Source : ATMO Auvergne Rhone Alpes (Observatoire de la qualité de l’air en AURA).
Pourtant, ce n’est pas une fatalité ! En effet, 90% de ces émissions sont le fait de chauffages au bois non performants : vieux appareils, combustible de mauvaise qualité, ou encore mauvaise utilisation de son moyen de chauffage.
Ces points sont les leviers sur lesquels nous pouvons agir pour nous permettre, selon les cas de figure, de diminuer jusqu’à 90% les émissions liées au système de chauffage au bois.
Vous pouvez donc vous chauffer au bois, tout en ayant un impact réduit sur la pollution de l’air.
Pour preuve, les territoires les plus concernés par la pollution de l’air liée au chauffage au bois (Grand Chambéry, Grand Lac et Grand Annecy) ne tournent pas le dos à cette énergie. Au contraire, ils encouragent le remplacement des vieux appareils de chauffage au bois non performants. Ils sensibilisent également les usagers aux bonnes pratiques et à l’utilisation de combustible de qualité.
C’est la conjugaison de ces 3 leviers (appareil performant, bon usage et combustible de qualité) qui permettent une combustion complète peu émettrice. Les paragraphes suivants vous permettront de comprendre comment agir.
1. La combustion comme clé pour un chauffage performant
Comprendre la combustion
Pour une meilleure efficacité de son système de chauffage au bois et pour diminuer au maximum les émissions nocives liées à ce dernier, une combustion la plus complète possible est nécessaire. Voyons donc les différentes étapes d’une combustion pour bien comprendre comment cela fonctionne.
Premier point basique : pour une combustion, il faut un combustible (le bois) mais aussi un comburant (l’oxygène de l’air). C’est pour cela qu’il faut une entrée d’air efficace à votre appareil de chauffage (dite « arrivée d’air primaire »)
Découvrez ci-dessous d’autres éléments importants pour comprendre la combustion du bois !
Second point, pour bien comprendre comment se déclenche une combustion et contrairement à une idée reçue : l’apport d’une flamme n’est pas nécessaire au déclenchement d’une combustion. En effet, c’est l’apport de chaleur au combustible qui va la déclencher. C’est en faisant monter en température le bois que la combustion va se déclencher avec l’air comburant (autour de 200°C pour le bois – étape 2 de l’illustration).
Ex : Avez-vous déjà pu observer l’allumage d’un poêle à granulé ? Seule de la chaleur est apportée en un point spécifique. La flamme apparaît spontanément quand la température atteint le seuil nécessaire.
Troisième point à retenir : avant que la combustion ne se déclenche et que le bois ne monte en température, toute la chaleur apportée est consacrée à évacuer l’humidité résiduelle du bois : le premier temps d’une combustion est un temps de séchage (étape 1 de l’illustration). Plus notre combustible est sec, plus cette phase est courte et plus l’énergie apportée est consacrée au chauffage du logement.
Le dernier point clé est un peu moins facile à visualiser : il s’agit de la double combustion. Pendant sa combustion, le bois dégage des gaz qui brûlent à bien plus haute température : leur combustion est possible qu’à partir de 600-800°C. L’objectif sera donc de faire monter le foyer à ces températures le plus rapidement possible de façon à pouvoir brûler ces gaz avec un apport d’air dédié : l’arrivée d’air secondaire.
En respectant ces différentes étapes, votre chauffage au bois aura un rendement maximal (autour de 85-90% de rendement avec les appareils récents, contre 60% avec des appareils d’environ 20 ans et encore moins pour les appareils datant d’avant 2002). C’est-à-dire qu’un maximum de chaleur sera restituée dans votre logement, et qu’un minimum de particules fines sera émis.
Bien gérer la combustion
La gestion de la combustion est primordiale. Tout d’abord, à l’allumage, l’objectif est de monter le plus rapidement possible en température pour permettre, notamment, la double combustion des gaz.
Même s’il peut paraitre contre-intuitif (la flamme de l’allumette monte, ce qui nous incite à mettre le feu sous les bûches), ce mode d’allumage présente plusieurs avantages :
- C’est un moyen pour avoir une zone d’allumage dégagée, et non étouffée sous un tas de bûches.
- Il permet de brûler les premiers gaz qui s’échappent des bûches et qui traversent cette zone la plus chaude,
- Il offre la possibilité de charger le foyer avec le nombre total de bûches souhaité pour la flambée. Cela évite d’avoir à rouvrir la porte pour recharger en bûche une fois le feu lancé (on n’ouvre pas sans cesse la porte du four quand on fait cuire un gâteau, c’est la même chose pour la cheminée, on essaie de garder au maximum une température élevée à l’intérieur).
Pendant cette phase d’allumage, le tirage d’air est ouvert au maximum. On le réduira une fois le feu lancé en veillant à conserver une flamme vive. Le foyer n’est réalimenté en bûches seulement sur lit de braises ardentes, en ouvrant la porte le moins longtemps possible pour conserver la température intérieure. (phase 3 de la combustion)
Une installation de qualité, c’est une installation performante !
1. Tournez-vous vers un appareil labelisé
2. Optez pour une entrée d’air dédiée et étanche
Si possible, optez pour une entrée d’air dédiée et étanche : l’air comburant n’est plus pris dans la pièce de vie comme sur les vieilles installations, mais est acheminé depuis l’extérieur, un sous-sol ou un vide sanitaire ventilé grâce à un conduit dédié. Cela présente plusieurs avantages majeurs : limiter les risques sanitaires liés aux retours de fumées, assurer une arrivée d’air suffisante pour une combustion complète, limiter les entrées d’air froid liées au tirage de l’appareil de chauffage.
3. Choisissez une installation adaptée à vos besoins !
Le premier point est de bien vous faire accompagner pour choisir votre appareil en fonction de vos besoins. En effet, selon les pièces que vous souhaitez chauffer avec votre appareil, selon la configuration du logement (grandes pièces ouvertes, nombreuses pièces cloisonnées, vide sur séjour, … ), selon vos habitudes quotidiennes, votre rythme de vie, selon la possibilité que vous avez de recharger régulièrement un foyer en bûches ou au contraire le besoin d’avoir un appareil programmable comme le propose les appareils aux granulés, etc… , il ne vous sera pas conseillé le même appareil. L’idée étant toujours de trouver l’appareil qui vous correspond.
Ainsi, la visite de l’installateur agréé sur place est un préalable nécessaire. Il vous permettra de :
- choisir le mode de diffusion de chaleur le plus adapté : par convection (déplacement de l’air chaud) ou par rayonnement (réchauffement des surfaces qu’il rencontre)
- décider d’un emplacement adapté pour l’appareil,
- dimensionner la puissance nécessaire,
- garantir une installation aux normes.
Attention au mauvais réflexe !
Il est fondamental que vous choisissiez un appareil à la puissance adaptée à votre logement ou votre pièce. En effet, pour une combustion optimale, un appareil devra fonctionner à pleine puissance. Il est donc important de calculer la puissance adaptée au plus juste.
Nous serions tentés d’installer un appareil plus puissant pour s’assurer qu’il chauffe suffisamment. Selon l’adage : « qui peut le plus, peut le moins ».
Or, un appareil surdimensionné va engendrer plusieurs désagréments. D’abord, un fort pic de chaleur très inconfortable à l’allumage et un fonctionnement en sous-régime la plupart du temps. Nous allons donc, volontairement, diminuer l’arrivée d’air pour réduire la combustion : dans les faits, on sous-alimente le foyer en air comburant, la combustion est incomplète. Ainsi, vous surconsommez du bois, émettez beaucoup de particules fines, et surtout vous augmentez votre risque incendie en encrassant l’appareil et les conduits de fumées ! Une combustion à pleine puissance limite aussi la quantité de cendres résiduelles.
Un bon combustible est essentiel !
Du bois sec et de qualité
Pour être certain d’acheter du combustible de qualité, il est prudent de s’appuyer sur les normes et labels existants :
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Pour le bois bûche : la norme NF biocombustibles solides certifiée par le FCBA, le label France Bois Buches, ou encore le label Chaleur Bois Qualité +.
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Pour le granulé : la norme NF biocombustibles solides certifiée par le FCBA, la norme DINplus, ou encore ENplus. En savoir plus
Du bois bien stocké
Pour se chauffer de manière performante, il est important de stocker votre combustible au sec. Qu’il soit sous forme de granulés ou de bûches, ne le stockez pas au contact du sol. Vous éviterez ainsi toute remontée d’humidité. Entreposez le à l’abri de la pluie, dans un lieu ventilé. Dans un sous-sol, il faudra veiller à ce que celui-ci possède des entrées d’air de part et d’autre pour qu’il reste ventilé.
Pour s’assurer d’avoir une bûche bien sèche, adressez-vous à des fournisseurs qualifiés. Ces derniers garantissent une qualité de bois minimum. Vous pouvez aussi stocker votre bois pendant 2 années.
Vous pouvez également rentrer les buches dans votre logement 24H à 48H à l’avance pour parfaire leur séchage avant combustion.
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